Emplacement de l’ancien pavillon de Vaux

Du pavillon de Vaux que montre cette photographie datant des années 1930, il ne subsiste plus que le soubassement et les caves. Cet édifice fut construit dans la deuxième moitié du XIXème siècle par le baron d’Aldenburg, de nationalité autrichienne, qui avait hérité de sa mère des forêts et du domaine de Vaux en 1861. Le pavillon dominait les étangs de Vaux, creusés à la fin du XVIIIème (travaux terminés sous la Restauration) pour alimenter le canal du Nivernais. Le domaine de Vaux et sa forêt appartenaient au XVIIème à la famille Andrault de Langeron.

Par une succession d’héritages, ces terres vont passer à Sylvie de Thiard, épouse du 3e duc de Fitz-James, à la fille Henriette de Maillé (épouse du marquis puis duc de Castries) avant de revenir aux Fitz-James à la suite des péripéties romantiques. La marquise de Castries (1796-1861), connue pour avoir été un temps l’égérie de Balzac, était négligée par son vieux mari ; elle eut sous la Restauration une liaison qui défraya la chronique avec le fils du chancelier Metternich.

De cette liaison naquit un enfant adultérin, reconnu tant par sa mère que par les Metternich, pour lequel on inventa un titre de Baron et le nom de Roger d’Aldenburg. Le père de cet enfant mourut de tuberculose peu après sa naissance. Henriette, marquise de Castries s’était séparée de son mari et elle n’avait pas d’autres enfants ; elle se consacré à l’éducation de Roger qui sera ensuite pris sous leur aile par les Metternich et deviendra diplomate au service de l’Autriche.

Roger d’Aldenburg ne se mariera pas et n’aura aucune descendance directe. Après avoir hérité de sa mère, ce fut sans doute lui qui construira le pavillon où il séjournera épisodiquement en villégiature. Partageant sa vie entre l’Autriche et la France, il gardera de bonnes relations avec ses parents français. C’est pourquoi, à sa mort en 1906, il lèguera ses biens français à son neveu, Jacques de Fitz-James (1862-1944), ancien officier, qui deviendra le 7e et avant dernier duc de Fitz-James.

Jacques de Fitz-James s’installera au pavillon de Vaux après sa retraite et la mort de sa femme, probablement après 1919. Il y vivre jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, assez modestement, car il avait peu de fortune et était accoutumé à la vie frugale d’un ancien militaire qui avait combattu dans les Colonies. D’après ce que l’ont sait, le pavillon n’avait ni eau courante, ni toilettes !

Durant la Deuxième Guerre mondiale, le pavillon de Vaux fut occupé par les Allemands, pillé, puis servit après la guerre de colonie de vacances provisoire. Le bâtiment se trouvait dans un était déplorable lorsqu’en hérita le neveu de Jacques de Fitz-James. Vu le danger que pouvait constituer cette quasi-ruine et son médiocre intérêt architectural, on décida de la détruire vers 1970. Il ne subsiste des anciennes constructions que le pavillon dit du garde.